Donation internationale : comment transmettre à un enfant résidant à l’étranger sans mauvaise surprise fiscale

6 juillet 2026

La donation internationale est un outil de plus en plus utilisé par les familles pour anticiper la transmission de leur patrimoine. Mais lorsqu’un enfant vit à l’étranger, la donation, avec les effets successoraux qui en découlent, soulève des questions de droit international privé, de fiscalité et de reconnaissance de l’acte dans plusieurs pays. Pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel d’anticiper et de se faire accompagner par un notaire spécialisé.

👉 Pour approfondir ce sujet, consultez notre page dédiée au droit international privé.

Qu’est-ce qu’une donation internationale ?

On parle de donation internationale dès lors que la situation présente un élément d’extranéité. Cela peut concerner :

  • un enfant résidant fiscalement à l’étranger ;
  • des biens situés dans plusieurs pays ;
  • un donateur vivant hors de France ;
  • ou encore une donation faite dans un pays étranger.

Il ne s’agit pas seulement d’une question de lieu de signature de l’acte, mais d’une situation juridique complexe dans laquelle plusieurs systèmes juridiques et fiscaux peuvent entrer en concurrence.

La loi applicable à la donation

Le droit international privé a pour objectif de déterminer la loi régissant la donation et ses effets. En droit français, la loi applicable à la donation est en principe celle du domicile du donateur au moment de l’acte.

Cependant, des règles spécifiques s’appliquent selon la nature des biens donnés, le lieu de leur situation et la présence éventuelle d’une convention internationale.

Cette question est essentielle, car la loi applicable peut influencer :

  • la validité formelle de la donation ;
  • les conditions de fond ;
  • les droits des héritiers réservataires ;
  • les effets patrimoniaux de la libéralité.

La fiscalité de la donation internationale

La fiscalité des donations internationales est particulièrement complexe. En France, une donation est taxable dès lors que le donateur y réside, même si le bénéficiaire vit à l’étranger.

Les abattements prévus par la loi française s’appliquent, notamment l’abattement de 100 000 euros pour les donations aux enfants, renouvelable tous les 15 ans.

Cependant, la donation peut aussi être taxée dans le pays de résidence du donataire. Il existe des conventions fiscales bilatérales de non double imposition, mais elles ne concernent que huit pays : Allemagne, Autriche, États-Unis, Guinée, Italie, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon et Suède.

En l’absence de convention, le droit interne français prévoit un crédit d’impôt pour éviter la double imposition, avec plusieurs critères qui doivent être remplis.

Les précautions à prendre avant de faire une donation

Avant de faire une donation internationale, il est recommandé de vérifier plusieurs points :

  • la résidence fiscale du donateur et du donataire ;
  • la nature et la localisation des biens donnés ;
  • l’existence d’une convention internationale ;
  • les obligations fiscales dans le pays du bénéficiaire ;
  • les effets sur la réserve héréditaire et la succession future.

Une anticipation insuffisante peut conduire à une double imposition, à des difficultés de reconnaissance de l’acte ou à des conflits familiaux.

Donation et étudiants à l’étranger

Une situation fréquente concerne les parents qui souhaitent aider un enfant étudiant à l’étranger. Dans ce cas, l’enfant peut souvent être rattaché au foyer fiscal de ses parents en France, même s’il vit et étudie à l’étranger.

Les donations dont il bénéficie sont alors taxées en France, avec application des abattements légaux. Cependant, il peut aussi supporter l’impôt sur la donation dans son pays de résidence, selon les règles locales.

Le rôle du notaire dans une donation internationale

Le notaire intervient comme conseil juridique et fiscal du donateur. Son rôle est de traduire une situation familiale internationale en solutions concrètes et sécurisées.

Il peut notamment :

  • identifier la loi applicable à la donation ;
  • analyser la fiscalité française et étrangère ;
  • vérifier l’existence d’une convention internationale ;
  • organiser la protection du donateur et des autres héritiers ;
  • anticiper les conséquences successorales de la libéralité.

Cette mission est particulièrement utile pour les familles dont les enfants sont expatriés, pour les couples binationaux et pour les personnes qui possèdent un patrimoine dans plusieurs États.

Donation-partage et transmission anticipée

La donation-partage est un outil puissant pour anticiper la transmission du patrimoine. Dans un contexte international, elle permet de figer la valeur des biens donnés et d’éviter les conflits entre héritiers.

Cependant, les donations-partages internationales ne sont pas toujours reconnues dans les droits étrangers. Il est donc nécessaire de se rapprocher d’un conseil local et de vérifier la reconnaissance de l’acte dans chaque pays concerné.

Pourquoi consulter un notaire spécialisé ?

Dans une donation internationale, le notaire ne se contente pas de rédiger un acte : il construit une sécurité juridique et fiscale durable. Il analyse la situation du donateur, identifie les points de friction entre plusieurs droits nationaux et propose des solutions adaptées à la réalité familiale et patrimoniale.

Son intervention est particulièrement utile si vous êtes :

  • un parent dont l’enfant réside à l’étranger ;
  • un expatrié souhaitant transmettre des biens en France ;
  • un couple binationaux avec un patrimoine international ;
  • ou une personne souhaitant organiser la transmission de son patrimoine à l’étranger.